CONFRÉRIE DE SAINT JACQUES

“Pour l’homme de foi, la nature est une constante merveille (...) Il fait un vœu, prend le bâton et le bourdon de pèlerin; il franchit les Alpes ou les Pyrénées, visite Notre-Dame de Lorette ou Saint-Jacques en Galice; il se prosterne, il prie le saint de lui rendre un fils (pauvre matelot, peut-être errant sur les mers), de prolonger les jours d’un père, de sauver une sage épouse. Il part pour retourner à sa chaumière; tout chargé de coquillages, il fait retentir les hameaux du son de sa conque et chante, dans une complainte naïve, la bonté de Marie, mère de Dieu...”.

[François-Auguste Chateaubriand, Génie du Christianisme, ou Beautés de la Religion Chrétienne, III, Paris, 1802, pp. 175-176].

 

Tout pèlerinage est une démarche religieuse, quels que soient l'époque, le lieu, la religion. Le pèlerinage à Compostelle offre la particularité d'être une démarche individuelle, une réponse consciente ou inconsciente à l'"appel du Chemin", une marche vers le sacré.

 

"Dans un monde dans lequel, grâce aux moyens techniques et mécaniques, l'uniformité, l'homogénéité, le quotidien deviennent les notes dominantes, consubstancielles à une société de l'ennui (...) même pour les non-croyants, le fait de marcher, de traverser un espace illuminé d'en haut et intérieurement, vers l'extraordinaire du sacré, la présence sublimante, l'humilité des sources où entre ciel et terre, entre Dieu et l'homme, le lien de l'unité se fait chair, participation, aliment d'énergie pour achever l'oeuvre pérenne de l'homme, en elle-même divine".

[Alphonse Dupront, "Studi cattolici", 1968]

 

De retour, les pèlerins ont cherché à s'associer, à la fois pour se retrouver autour du culte à l'apôtre saint Jacques, pour s'entraider et pour offrir aux futurs pèlerins l'aide et les conseils nécessaires.

 

À Paris, la confrérie Saint-Jacques, attestée dès la fin du XIIIe siècle, administrait un hôpital proche de la Porte Saint-Denis.

Elle fut reconnue par le Saint-Siège en 1325, et par le roi Jean II en 1350. Hommes et femmes devaient avoir accompli le pèlerinage à Compostelle, être présents pour les célébrations religieuses et le banquet du 25 juillet en portant la livrée de la confrérie, confectionnée en bougran rouge, décorée de coquilles brodées ou peintes.

 

La confrérie administrait le grand Hôpital Saint-Jacques, édifié entre 1319 et 1323 près de la Porte Saint-Denis. Les comptes de l'hôpital, qui accueillait tous les pèlerins, à Saint-Jacques, à Rome, au Mont Saint-Michel, à Sainte-Catherine de Fierbois, à Notre-Dame de Liesse, etc., révèlent qu'en 1368 il avait hébergé 16 690 personnes.

Les pèlerins en provenance du nord rencontraient ainsi, lors de leur traversée de Paris:

  • l'hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins à l'entrée de la ville
  • la paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, attestée dès la fin du XIe siècle
  • le couvent Saint-Jacques des dominicains à la sortie de la ville
  • l'église de la commanderie de l'Ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas à l'extérieur de l'agglomération

 

Dès la fin du XVIe siècle, la confrérie de Saint-Jacques de Paris connut des problèmes financiers alors que les dépenses effectuées lors des processions, messes et banquets ne cessaient d'augmenter et que des plaintes s'élevaient contre les excès de toutes sortes commis à ces occasions. La confrérie regroupait alors des bourgeois et avait ses entrées dans les sphères du pouvoir.

 

Au cours du XVIIe siècle, la confrérie avait perdu de vue son objet originel, l'accueil des pèlerins pauvres, pour ne plus se consacrer qu'à la sociabilité de ses membres autour des processions, messes et ripailles annuelles. La confrérie disparut dès la fin de ce siècle, bien avant l'édit de Turgot de février 1776 qui supprima toutes les confréries et corporations.

 

Cette dérive, qui amène la confrérie à ne plus s'occuper que de ses propres  membres - pour lesquels sont organisés messes, processions/marches et agapes - aux dépens de l'accueil des pauvres pèlerins, fut commune à toutes les confréries et menace toujours celles qui se sont créées par la suite.

 

ÊTRE HOSPITALIER CHRÉTIEN

Un certain nombre de monastères en France et en Espagne font appel à des hospitaliers bénévoles durant les mois d'été.

 

Pour être hospitalier dans l'un de ces monastères ou dans un accueil paroissial en France, consulter le site: www.webcompostella.fr

 

Pour accueillir les pèlerins francophones en Espagne, au terme de leur chemin à Saint-Jacques de Compostelle, ou pour les accueillir dans l'un des monastères espagnols du Chemin, voir la page "À Compostelle".

PRÉPARATION SPIRITUELLE

À Paris, la Confrérie Saint Jacques propose des réunions mensuelles pour la préparation spirituelle au pèlerinage.

Animées par le chapelain de la confrérie dans une église de Paris, les réunions ont lieu trois ou quatre samedis par an, à 16 h 30. Elles sont suivies, pour ceux qui le désirent, par la célébration de la messe dominicale à 18 h 00 à Saint-Pierre de Montmartre.

Une marche d'une journée vers Chartres a lieu à la fin du mois de mai ou au début juin. Des réunions ont aussi lieu en province.

À Paris, les prochaines réunions de préparation spirituelle au pèlerinage sont prévues les:

  • Samedi 25 juin 2016

 

Pour informations complémentaires et inscriptions, les pèlerins et futurs pèlerins peuvent s'adresser à

 

Société Française des Amis de Saint Jacques

          8bis rueJean Bart

          F - 75006 Paris

tél. 01.43.54.32.90 – e-mail : secretariat@compostelle.asso.fr

 

Suite au décès de Madame Warcollier, les confrères résidant à Paris sont priés de se mettre en contact très rapidement avec la Société Française, ou avant le 23 juin 2016 avec Madame Rucquoi (06 88 02 97 53), pour récupérer les documents relatifs à la Confrérie qui étaient chez Madame Warcollier.

EN FRANCE

Fondée le 10 septembre 1994 en la cathédrale Notre-Dame de Chartres, conformément au nouveau Code de droit canonique, canons n° 298, 299 et 321 à 326, la confrérie Saint Jacques de Compostelle a pour but de « réunir dans une fraternité spirituelle tous ceux et celles qui ont effectué le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle et veulent en conserver l’enseignement spirituel en mettant en pratique le message que S.S. le pape Jean-Paul II a lancé à Compostelle lors du Rassemblement Mondial de la Jeunesse en 1989 ».

La confrérie est affiliée à l'Archiconfrérie Universelle de l'Apôtre Saint Jacques, issue de la confrérie fondée en 1501 pour contribuer à la construction de l'Hôpital des Rois Catholiques, et qui porte ce titre depuis 1942, suite à une décision du pape Pie XII.

Les confrères et consoeurs doivent posséder la « compostela », c’est-à-dire avoir accompli le pèlerinage, et sont tenus à certaines obligations, comme l’accueil aux pèlerins ou le service dans une oeuvre d'Église. Leur candidature est soumise à une période probatoire d’un an et à l’acceptation du conseil d’administration.

Les « membres de dévotion » sont ceux qui n’ont pu accomplir le pèlerinage et se consacrent surtout à la prière. Leur candidature n’est pas soumise à une période probatoire et leurs obligations sont réduites.

Les membres de la confrérie doivent porter, lors des réunions, suspendue à une cordelière rouge et blanche, une médaille, insigne de la confrérie, repro-duction de la médaille de l'ancienne « confrérie des pèlerins de Saint-Jacques de l’Hôpital de Paris » (1506). Les membres de la confrérie ont une réunion annuelle à Chartres et doivent célébrer tout particulièrement la fête de saint Jacques.